CNRC BULLETIN DU STI
NOUVELLES DU STI - Ottawa, 2002 avril 26
Les tables solaires et
lunaires de l'IHA ont la cote du public
Tenté par une
expédition de pêche au petit matin en juin? Vous demandez-vous
quand la lune sera pleine? Depuis 30 ans, les habitants du Canada entier se
tournent vers l'Institut Herzberg d'astrophysique pour savoir exactement quand
se produira tel ou tel événement solaire ou lunaire.
Depuis 1997, les tables des
levers/couchers du soleil et de la lune de l'IHA sont accessibles sur le
Web. Ces tables couvrent plus de 300 villes canadiennes et 100
étrangères, mais les données qu'on y trouve suscitent
toujours bon nombre d'appels aux vulgarisateurs du Centre de l'Univers, et les
questions les plus ardues échouent dans la boîte aux lettres
électronique du radio-astronome Jacques Vallée.
«
Des avocats m'appellent, soutenant que le soleil a aveuglé un de leurs
clients qui a fait un accident, explique le chercheur. Des agents de la
protection de la faune veulent s'assurer qu'un chasseur a bien tué un
animal après le coucher de soleil, ce qui est illégal dans
certaines provinces. Tous ces gens réclament une attestation en bonne et
due forme. L'information existe sur le site Web, mais elle n'a aucune valeur en
cour sous cette forme. On dois la confirmer par écrit et faire parvenir
l'attestation au tribunal. »
L'IHA réclame 300 $ pour les
demandes de ce genre et utilise les fonds pour ses programmes de vulgarisation.
D'autres requêtes ne suscitent aucuns frais, notamment celles des
créateurs de calendriers, qui veulent connaître la date des quatre
phases lunaires, chaque mois, celles des associations musulmanes qui souhaitent
savoir quand viendra la nouvelle lune, début du Ramadan, voire celles
des scientifiques qui doivent déterminer avec précision la
durée du jour pour leurs expériences agricoles.
Le
programme des tables solaires et lunaires de l'IHA a été
inauguré en 1970 par l'astronome Chris Aikman, aujourd'hui à la
retraite. Celui-ci vient d'ailleurs de décrocher un contrat qui
l'amènera à actualiser les tables avec une exactitude garantie de
30 ans. Bien que le site de l'Institut ne soit pas le seul au Canada à
fournir ce type de renseignements, les tables qu'on y trouve sont les plus
précises. Pour l'instant, elles sont exactes à deux minutes
près, et la nouvelle version réduira la marge d'erreur à
30 secondes.
« Nos tables sont plus précises parce qu'elles
tiennent compte de paramètres comme les phénomènes
physiques (réfraction, précession, aplatissement, etc.), l'effet
des marées et l'épaisseur de la couche atmosphérique
au-dessus de l'observatoire. Sans doute est-ce pourquoi les avocats les
préfèrent », commente le Dr
Vallée.
Pour avoir répondu aux questions les plus
épineuses depuis six ans, le Dr Vallée juge les tables
d'une très grande justesse. Elles se sont toujours avérées
exactes dans les limites indiquées, contrairement à ce que
pourraient prétendre quelques clients sujets à commettre des
erreurs.
Outre les demandes sur les événements solaires et
lunaires, « nous recevons parfois l'appel de personnes qui ont
observé des lueurs étranges dans le ciel, à une date
particulière », poursuit le radio-astronome. S'il ne semble pas
s'agir d'un canular, l'IHA transmet l'information au
Comité consultatif sur les
météorites et les impacts (CCMI) de l'Agence spatiale
canadienne, aussi connu sous le nom de centre canadien d'observation des
étoiles filantes et des météores.

Voici un cliché
(durée d'exposition de cinq minutes) pris le 18 novembre 2002 lors des
Léonidesune pluie de météoritesmontrant une
boule de feu se déplaçant à 70 km/seconde et sa
traînée de fumée balayée par des vents en haute
altitude. (Photo credit: Astronomy Picture of the Day)